Le TENS (Transcutaneous Electrical Nerve Stimulator – en français, stimulateur électrique transcutané) est souvent présenté comme un appareil destiné à soulager des douleurs musculaires ou articulaires. Pourtant, son champ d’action est beaucoup plus large.

Aujourd’hui, il existe des utilisations du TENS que le grand public ne connait pas forcément.

La neurostimulation n’agit pas seulement sur la douleur :

  • elle peut influencer le fonctionnement du système nerveux autonome,
  • apaiser les nerfs pelviens
  • ou même réduire certains symptômes liés au stress.

Comprendre ces différentes versions du TENS permet d’ouvrir de nouvelles perspectives dans la gestion de la douleur, de la santé et de la qualité de vie.


Le TENS « classique »

C’est celui que la plupart des patients connaissent en premier.

  • C’est soit le patch en forme de « papillon », qu’on colle sur la peau sur la zone à traiter (la forme papillon est particulièrement adaptée pour les lombaires ou la zone pelvienne).

On peut les acheter sans avoir d’ordonnance.

Les marques les plus connues et utilisées sont URGOGYN et BEURER.

  • Soit un petit boîtier relié à des électrodes, et on place les patchs – souvent en forme carré ou rectangulaire – autour de la zone douloureuse.

L’appareil envoie de légères impulsions électriques qui modifient la transmission du message douloureux, en la détournant.

Ce modèle est parfaitement adapté aux douleurs chroniques, articulaires, neuropathiques ou musculaires.

Il me semble qu’on peut s’en procurer certains sans ordonnance, notamment de la marque BEURER.

J’explique comment obtenir une ordonnance et des informations professionnelles sur l’utilisation d’un TENS médical (TENS Eco 2 par exemple) plus bas dans l’article.

Avec le temps, d’autres variantes de TENS sont apparues et ont élargi le champ d’utilisation de la neurostimulation.


Le TENS pour la stimulation du nerf vague

L’une de ces variantes concerne la stimulation du nerf vague.

Le nerf vague est un nerf majeur du corps, profondément lié au stress, à la digestion, à l’inflammation, au rythme cardiaque et au système nerveux autonome.

Certains appareils TENS sont conçus pour être utilisés dans la zone de l’oreille, à l’endroit où passe une branche du nerf vague.

L’objectif n’est pas seulement de soulager une douleur, mais de déclencher une réponse de relaxation, de diminuer l’hyperactivation du système nerveux, d’aider à la régulation émotionnelle et parfois d’atténuer certaines formes d’anxiété ou de troubles gastro-intestinaux.

Ce type de TENS peut donc agir sur une dimension plus globale de la santé, en offrant une voie non médicamenteuse pour apaiser le corps et l’esprit.


Le TENS pour la stimulation tibiale postérieure, pour les troubles urinaires

Une autre utilisation très méconnue du TENS concerne les problèmes de vessie.

Certaines personnes souffrent d’hyperactivité vésicale, de douleurs pelviennes ou de difficultés liées au périnée.

Pour elles, il existe la stimulation tibiale postérieure, un usage spécifique du TENS (Urostim 2 par exemple) où les électrodes sont placées au niveau de la cheville. Cette zone correspond au trajet d’un nerf qui communique directement avec les régions pelviennes.

La stimulation électrique vient moduler l’activité de la vessie et du périnée, réduisant parfois les envies pressantes, les douleurs ou les contractions involontaires.

C’est un traitement utilisé en consultation spécialisée ou qui peut aussi être appris à domicile après un accompagnement professionnel.


Ces versions alternatives du TENS montrent à quel point la neurostimulation est un outil versatile, capable d’agir sur des zones du corps qui semblent, de prime abord, très éloignées les unes des autres.

Pourtant, tout repose sur un même principe : le système nerveux communique en permanence, et un signal électrique bien ciblé peut rééquilibrer des circuits en dysfonctionnement.


Comment obtenir un TENS ?

Pour obtenir un TENS, plusieurs options existent selon l’usage recherché.

Certains modèles classiques se louent en pharmacie sur ordonnance, avec prise en charge de la Sécurité sociale.

D’autres s’achètent librement en pharmacie ou en ligne.

En revanche, pour les utilisations spécifiques comme la stimulation vagale ou la stimulation tibiale pour les troubles urinaires, il est souvent préférable d’être accompagné par : un médecin, un kinésithérapeute spécialisé, un neurologue ou un urologue, afin de choisir le bon modèle et d’apprendre le bon placement des électrodes avec le bon programme.

Le TENS ne peut pas tout guérir mais il peut beaucoup aider.

Il offre une solution non invasive, non médicamenteuse, flexible et personnalisable.

Il peut devenir un compagnon de route, autant pour apaiser la douleur que pour accompagner un travail de régulation du système nerveux. Mieux on comprend les différentes variantes du TENS, plus on peut l’intégrer intelligemment dans son propre parcours de soins !


Tu peux également écouter cet épisode de podcast de L’Invisible Chronique, qui est complémentaire à cet article :