Les catégories de handicap, il y en a 6 au total.
D’ailleurs on devrait parler DES handicaps, pas juste du handicap.
Car le handicap n’impacte pas de la même manière selon la catégorie, il ne prends pas qu’une seule forme !
Et quand on parle de handicap, une image revient presque toujours…
Un fauteuil roulant, une canne blanche, une déficience visible, évidente, incontestable.
Et tout ce qui ne correspond pas à cette image est trop souvent minimisé, remis en question, voire nié !
La légitimité du handicap
Beaucoup de personnes vivent avec des limitations réelles, durables, profondes, sans jamais oser utiliser le mot handicap.
Parce qu’on nous a appris que ce mot était réservé à “plus grave”, “plus visible », “pire qu’eux”.
On se sent illégitime parce qu’on ne rentre pas dans la case handicap qui est l’image générale que les gens se représentent du handicap.
Souvent le handicap n’est pas reconnu comme tel. Mais plutôt comme une exagération, un manque d’effort, ou encore quelque chose qui est dans notre tête et qu’on pourrait changer…
Pourtant le handicap n’est ni une image ni une compétition.
C’est une réalité vécue par des millions de personnes !
Qu’est-ce que le handicap, réellement ?
Le handicap n’est pas uniquement lié à un corps ou à un diagnostic.
C’est la rencontre entre une personne et un environnement qui n’est pas adapté à son fonctionnement.
Une personne est en situation de handicap lorsqu’elle rencontre, de manière durable ou répétée, des limitations dans sa vie quotidienne à cause de son état de santé, de son fonctionnement physique, psychique, sensoriel ou cognitif, face à un monde pensé pour un seul type de norme.
On peut être en situation de handicap sans être malade… tout comme on peut être malade sans se sentir handicapé en permanence.
On peut être handicapé de manière invisible, fluctuante, et/ou évolutive.
Et on peut l’être sans reconnaissance administrative.
Ce qui compte, ce n’est pas ce que les autres voient.
C’est l’impact sur la vie et sur les gestes du quotidien, les incapacités, comparé à quelqu’un de ton âge qui ne serait pas atteint d’un trouble et en situation de handicap.
Les différentes catégories de handicap
Il existe plusieurs grandes catégories de handicap : 6 au total, avec des sous catégories puisque le handicap n’a pas qu’une forme. Il prend 1000 visages.
Les handicap peuvent se chevaucher, se cumuler, et évoluent au fil du temps.
Le handicap moteur
Le handicap moteur concerne les limitations de mobilité, de posture, de coordination, de force ou de préhension.
Il peut être lié à une paralysie, une maladie neuromusculaire, une atteinte articulaire, une maladie neurologique, une douleur chronique ou une fatigabilité extrême.
Contrairement aux idées reçues, le handicap moteur ne signifie pas forcément être en fauteuil roulant.
Beaucoup de personnes marchent, se déplacent, mais avec des douleurs, des efforts considérables ou des limitations importantes dans la durée.
Le handicap sensoriel
Le handicap sensoriel concerne la vue et l’audition, mais aussi parfois le toucher, l’odorat ou l’équilibre.
Il inclut la cécité, la malvoyance, la surdité et la malentendance.
Là encore, il ne s’agit pas de tout ou rien.
Voir ou entendre partiellement, même avec des aides, n’annule pas le handicap.
Cela change simplement la manière dont il se manifeste.
Le handicap intellectuel / mental
Le handicap intellectuel se caractérise par des limitations significatives des capacités intellectuelles et de l’autonomie adaptative, présentes dès l’enfance.
Il concerne la compréhension, l’apprentissage, le raisonnement et l’adaptation à la vie quotidienne.
C’est un handicap encore très stigmatisé, alors que les personnes concernées ont des compétences, des émotions, des envies et des capacités, avec des besoins d’accompagnement spécifiques.
Le handicap psychique
Le handicap psychique est l’un des plus invisibilisés et des plus mal compris.
Il concerne les troubles psychiatriques lorsqu’ils entraînent des limitations durables dans la vie quotidienne.
Dépression sévère, troubles bipolaires, troubles anxieux invalidants, schizophrénie, troubles obsessionnels compulsifs, stress post-traumatique.
Ce ne sont ni des faiblesses, ni des phases passagères.
Ce sont des troubles pouvant empêcher de travailler, de sortir, de maintenir des relations ou de prendre soin de soi.
Oui, le handicap peut être psychique.
Le handicap cognitif / les troubles du neurodéveloppement
Le handicap cognitif touche les fonctions mentales comme la mémoire, l’attention, la concentration, le langage, la planification ou l’organisation.
Ce handicap cognitif peut survenir après un traumatisme crânien, un AVC, dans certaines maladies neurologiques ou à la suite de troubles neurodéveloppementaux.
Les troubles du neurodéveloppement, comme l’autisme, le TDAH ou les troubles dys, correspondent à des fonctionnements neurologiques différents, présents dès l’enfance.
Ils deviennent handicapants dans un environnement qui impose une seule manière de fonctionner, d’apprendre, de travailler ou de communiquer.
Les maladies chroniques, évolutives et/ou invalidantes
Les maladies chroniques occupent une place particulière.
Toutes les maladies ne créent pas un handicap.
Mais malheureusement beaucoup de maladies peuvent être invalidantes…
Parfois ça peut être de manière intermittente, fluctuante ou évolutive.
Sclérose en plaques, endométriose, fibromyalgie, maladies auto-immunes, maladies inflammatoires, douleurs chroniques.
La fatigue, la douleur, les troubles cognitifs ou moteurs associés peuvent limiter profondément la vie quotidienne.
C’est ce qu’on appelle le handicap invisible.
Celui qui ne se voit pas, qui fait douter et qui pousse à se comparer et à se sentir illégitime.
Le handicap n’est pas figé
On peut cumuler plusieurs handicaps.
On peut en voir apparaître, évoluer, disparaître partiellement.
Il ne se mesure pas à la souffrance des autres, ne se définit pas par le regard extérieur. Et surtout : le handicap ne se juge pas à ce que quelqu’un de valide estime acceptable.
Ici on a abordé les catégories de handicap, mais on abordera d’autres notions tout aussi importantes dans d’autres articles de blog et épisodes de podcast : par exemple le polyhandicap, le plurihandicap, le handicap fluctuant, évolutif etc…
Nommer le handicap, ce n’est pas exagérer
Il faut prendre conscience que si :
- tu es limité dans ton quotidien
- que tu dois adapter ta vie en permanence,
- renoncer à des choses pour tenir et faire beaucoup d’efforts pour paraître “fonctionnel”…
Ta réalité mérite d’être reconnue et légitimée.
Mettre le mot handicap n’est pas une exagération ou une insulte.
Ce n’est pas voler une place.
Ce n’est pas nier la réalité des autres.
C’est mettre des mots sur ce que tu vis.
Et parfois, c’est la première étape vers la compréhension, la légitimité et l’accès à des droits.
Dans L’Invisible Chronique, il n’y a pas de hiérarchie des handicaps.
Il y a des vécus, qui méritent tous d’être reconnus.
Un épisode de podcast complémentaire à cet article sur les catégories de handicap est disponible sur le podcast de L’Invisible Chronique :
