La colère fait partie des émotions les plus fréquentes dans le parcours de maladie chronique. Elle naît :
- de l’injustice,
- du manque de reconnaissance,
- de la douleur,
- de l’errance médicale,
- des traitements lourds,
- des remarques maladroites,
- de la fatigue permanente,
- ou simplement du poids mental que personne ne voit…
C’est un trop plein… Trop de choses à gérer pour une personne qui est déjà fragilisé par sa maladie, les symptômes et les douleurs.
Cette colère est normale, humaine et légitime.
Mais lorsqu’elle déborde, elle peut abîmer non seulement notre santé, mais aussi nos relations ! Elle impacte notre communication avec les soignants, notre crédibilité administrative, notre entourage et… nous-même.
Cet article n’est pas là pour te dire de « rester calme » ou « ne pas t’énerver ». C’est un article pour comprendre d’où vient cette colère, comment la reconnaître, comment l’apaiser et comment en faire une force plutôt qu’un poids.
Comprendre d’où vient la colère
Les personnes malades chroniques vivent souvent une accumulation invisible : douleurs non reconnues, examens répétés, fatigue extrême, perte de capacités, attentes interminables, invalidation, incompréhensions.
Cette accumulation nourrit un sentiment d’injustice qui peut exploser à la moindre étincelle. La colère est un message. Elle dit :
« Je souffre »
« J’ai besoin d’aide »
« Ce que je vis n’est pas normal »
« Je ne me sens pas écouté, pas compris »
« Je me sens seul »
Quand la colère déborde et fait mal
La colère chronique peut : fatiguer, user le système nerveux, augmenter la douleur, créer de la crispation musculaire, perturber le sommeil, isoler socialement.
Et malheureusement, plus on s’emporte et plus on risque de ne plus être entendu. Ce n’est pas juste. Mais c’est la réalité :
- Quand on crie, les gens écoutent moins.
- Quand on accuse, les gens se referment.
- Quand la colère prend toute la place, le message n’est plus audible.
Comment apaiser cette colère sans la nier
L’objectif n’est pas d’éteindre ta colère mais de la rendre utile. Voici quelques pistes :
1. Faire de la place à ce qu’on ressent
- Écrire, parler à quelqu’un qui comprend, rejoindre une communauté.
- Clarifier ce qui se cache derrière l’émotion : douleur ? peur ? injustice ?
2. Faire le tri entre ce qui dépend de toi et ce qui n’en dépend pas
Une partie du parcours médical ne peut pas être contrôlée, surtout ce qui concerne la dimension clinique.
Par contre, la manière dont tu te prépares à un rendez-vous, la façon dont tu expliques, la gestion de ton énergie, si.
Tu peux reprendre du pouvoir sur ta vie grâce aux 5 dimensions du rétablissement par exemple !
3. Dire les choses de manière ferme, claire et calme
Ça demande de l’entraînement, mais c’est une compétence qui change tout.
4. Canaliser la colère dans des actions concrètes
Essaye de mettre toute cette énergie dans des actions qui vont faire avancer ton parcours et ta situation.
- Changer de médecin si nécessaire
- Se former sur ses droits
- Chercher du soutien
La colère peut devenir une force
Elle peut :
- te pousser à demander de l’aide,
- à poser des limites,
- à te faire entendre,
- à améliorer tes soins,
- à défendre tes droits.
Tu n’as pas à avoir honte de ta colère. Tu peux juste apprendre à la transformer !
