Les aides techniques sont des outils qui permettent de reprendre du pouvoir sur son quotidien.
Quand on entend parler d’aides techniques, beaucoup de personnes imaginent immédiatement un fauteuil roulant, une canne ou un lit médicalisé. Pourtant, les aides techniques sont bien plus nombreuses que cela !
Elles peuvent être visibles… ou totalement discrètes. Elles peuvent être utilisées tous les jours… ou seulement dans certaines situations. Et surtout : les aides techniques ne représentent pas un échec.
Une aide technique n’est pas un symbole de perte d’autonomie. C’est souvent l’inverse. C’est un outil qui permet de préserver son énergie, réduire ses difficultés et retrouver davantage de liberté.
Qu’est-ce qu’une aide technique ?
Les aides techniques sont des dispositifs, des équipements ou des objets conçus pour compenser une difficulté liée à une limitation physique, sensorielle, cognitive ou psychique.
Leur objectif est simple : permettre à une personne de réaliser une activité plus facilement, plus sûrement ou avec moins de fatigue.
Les aides techniques peuvent concerner :
- les déplacements ;
- la communication ;
- les gestes du quotidien ;
- l’organisation ;
- les soins ;
- le travail ;
- les loisirs…
Les aides techniques ne concernent pas uniquement le handicap visible
C’est une idée reçue très fréquente. On associe souvent les aides techniques aux personnes âgées ou aux handicaps lourds.
Pourtant, de nombreuses personnes vivant avec une maladie chronique peuvent en avoir besoin.
Un patient atteint de sclérose en plaques peut utiliser une canne certains jours pour limiter le risque de chute.
Quelqu’un qui souffre de douleurs chroniques peut utiliser un siège de douche pour économiser son énergie.
Une personne ayant des troubles cognitifs peut utiliser des applications de rappel pour compenser ses difficultés de mémoire ou d’organisation.
N’importe qui avec une maladie invisible peut avoir besoin d’outils pour l’aider dans son quotidien ! et cela reste totalement légitime.
Les différents types d’aides techniques
Les aides à la mobilité
Elles permettent de faciliter les déplacements :
- canne simple ;
- canne siège ;
- béquilles ;
- déambulateur ;
- fauteuil roulant manuel ;
- fauteuil roulant électrique ;
- scooter de mobilité.
Ces aides peuvent être utilisées de façon permanente… ou uniquement lors des périodes de fatigue, de poussée ou de douleur.
Utiliser une aide à la mobilité ne signifie pas forcément « ne plus marcher ». Cela peut justement permettre de continuer à sortir, travailler, voyager ou participer à des activités.
Les aides pour la maison
Le domicile peut parfois devenir un lieu rempli d’obstacles. Certaines adaptations peuvent faciliter le quotidien :
- barres d’appui ;
- siège de douche ;
- tapis antidérapants adaptés ;
- rehausseur de toilettes ;
- ouvre-bocaux ;
- pinces de préhension ;
- fauteuil de repos ;
- équipements pour limiter les efforts.
L’objectif n’est pas de transformer son logement en espace médicalisé, mais de rendre les gestes plus simples et moins coûteux en énergie.
Les aides pour gérer la fatigue
La fatigue chronique est l’un des symptômes les plus fréquents dans de nombreuses maladies chroniques. Certaines aides permettent d’éviter de gaspiller une énergie précieuse :
- tabouret de cuisine ;
- chariot à roulettes pour transporter des objets ;
- aspirateur robot ;
- siège pliant pour les files d’attente ;
- outils ergonomiques ;
- vêtements faciles à enfiler.
Parfois, un petit changement peut avoir un grand impact.
Les aides cognitives et organisationnelles
Les difficultés de concentration, de mémoire ou de planification peuvent être très handicapantes. Quelques exemples :
- applications de rappels ;
- agendas adaptés ;
- listes automatisées ;
- alarmes ;
- piluliers électroniques ;
- outils de dictée vocale ;
- assistants numériques.
Ces outils ne remplacent pas les capacités d’une personne. Ils permettent de réduire la charge mentale.
Les aides pour la communication et les sens
Certaines personnes peuvent avoir besoin d’aides pour :
- entendre ;
- voir ;
- communiquer ;
- lire ou écrire.
Cela peut inclure :
- appareils auditifs ;
- loupes électroniques ;
- logiciels de synthèse vocale ;
- claviers adaptés ;
- outils de communication alternative.
Comment savoir si une aide technique pourrait être utile ?
Une question simple peut aider :
« Est-ce que cette difficulté m’empêche de faire quelque chose d’important pour moi, ou me demande-t-elle une énergie disproportionnée ? »
Une aide peut être pertinente si elle permet :
- de faire une activité plus longtemps ;
- de réduire les douleurs ;
- d’éviter l’épuisement ;
- de prévenir les chutes ;
- de gagner en sécurité ;
- de conserver une autonomie.
Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être « au maximum de ses difficultés » pour demander de l’aide.
Les aides techniques et le sentiment d’acceptation
Pour beaucoup de personnes, accepter une aide technique représente une étape émotionnelle importante. Il peut y avoir :
- la peur du regard des autres ;
- l’impression de « devenir plus malade » ;
- le sentiment d’abandonner ;
- la comparaison avec la personne que l’on était avant.
Pourtant, utiliser une aide ne change pas qui vous êtes.
Une paire de lunettes est une aide technique.
Un smartphone avec des rappels est une aide technique.
Des chaussures adaptées sont une aide technique.
Personne ne considère qu’une personne portant des lunettes a « échoué ». Les autres aides méritent la même normalité !
Peut-on obtenir un financement pour une aide technique ?
En France, certaines aides peuvent être financées, notamment selon la situation de la personne :
- par l’Assurance Maladie pour certains dispositifs ;
- par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) via certaines prestations comme la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) (+ d’infos sur le dossier MDPH ici)
- par des mutuelles ;
- par des caisses de retraite ou organismes spécifiques selon les situations.
Les démarches peuvent être complexes, et il est souvent nécessaire d’être accompagné pour identifier les dispositifs adaptés.
Une aide technique n’est pas une limitation : c’est une stratégie
Dans une société où l’autonomie est parfois associée au fait de « tout faire seul », demander ou utiliser une aide peut sembler difficile.
Mais l’autonomie ne signifie pas ne jamais avoir besoin d’aide. L’autonomie, c’est pouvoir vivre sa vie avec les moyens qui nous permettent de le faire.
Parfois, la meilleure façon de continuer à avancer est justement d’accepter un outil qui nous soutient.
À retenir
Les aides techniques ne sont pas réservées aux handicaps visibles et aux handicaps lourds.
Elles peuvent accompagner toute personne dont la santé, les capacités ou l’énergie sont impactées.
Les aides techniques ne retirent pas l’autonomie, elles la renforcent !
Parce qu’au fond, une aide technique n’est pas là pour rappeler ce que l’on ne peut plus faire. Elle est là pour permettre de continuer à faire ce qui est encore possible.
