La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI). Elle provoque une inflammation persistante du tube digestif, pouvant toucher n’importe quelle partie, de la bouche jusqu’à l’anus. Le plus souvent, elle atteint la partie terminale de l’intestin grêle et le côlon. Elle est aussi considérée comme étant une maladie auto-immune puisque le système immunitaire s’emballe et attaque par erreur les parois saines du tube digestif, provoquant une inflammation chronique.

Cette maladie évolue généralement par poussées, entrecoupées de périodes de rémission où les symptômes diminuent, voire disparaissent complètement. Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement permettant de guérir définitivement la maladie, mais les traitements actuels permettent à de nombreuses personnes de retrouver une bonne qualité de vie et de limiter les complications !


Les principaux symptômes de la maladie de Crohn

Les symptômes varient d’une personne à l’autre. Certaines vivent avec une forme relativement modérée tandis que d’autres présentent une maladie plus active.

  • Des douleurs abdominales

Les douleurs abdominales sont l’un des symptômes les plus fréquents. Elles sont souvent localisées dans la partie basse droite du ventre, mais peuvent apparaître ailleurs selon la zone touchée.

Elles peuvent être :

  • sous forme de crampes ;
  • permanentes ou par épisodes ;
  • accentuées après les repas ;
  • associées à des ballonnements.
  • Des diarrhées chroniques

La diarrhée est également très fréquente.

Tu peux présenter :

  • plusieurs selles liquides par jour ;
  • une diarrhée qui dure plusieurs semaines ;
  • parfois des besoins très urgents d’aller aux toilettes, y compris la nuit.

Lorsque ces symptômes persistent plus de quelques semaines, ils nécessitent un avis médical.

  • Du sang dans les selles

La présence de sang n’est pas systématique mais peut survenir, notamment lorsque le côlon ou le rectum sont touchés.

Le sang peut être visible ou détecté uniquement lors d’examens. Toute présence de sang dans les selles mérite une consultation médicale afin d’en rechercher la cause.

  • Une perte de poids involontaire

L’inflammation chronique peut diminuer l’appétit, perturber l’absorption des nutriments et augmenter les besoins énergétiques de l’organisme.

Résultat : tu peux perdre du poids sans avoir changé ton alimentation.

  • Une fatigue importante

La fatigue est souvent l’un des symptômes les plus difficiles à vivre.

Elle peut être liée :

  • à l’inflammation chronique ;
  • à une anémie ;
  • à des carences en vitamines ou en fer ;
  • aux douleurs ;
  • aux réveils nocturnes liés aux diarrhées.

Certaines personnes ressentent une fatigue importante même lorsque les symptômes digestifs semblent relativement contrôlés.

  • Une fièvre modérée

Pendant une poussée inflammatoire, une fièvre peu élevée peut apparaître. En revanche, une forte fièvre ou une aggravation brutale des douleurs nécessite une consultation rapide afin d’écarter une complication comme un abcès !

  • Les autres symptômes

La maladie de Crohn ne touche pas uniquement le tube digestif. Chez certaines personnes, elle peut également provoquer :

  • des douleurs ou gonflements des articulations ;
  • des lésions cutanées inflammatoires ;
  • une inflammation des yeux pouvant entraîner douleur, rougeur ou baisse de la vision ;
  • plus rarement, une atteinte du foie ou des voies biliaires.

Ces manifestations sont appelées manifestations extra-intestinales.


Comment diagnostique-t-on une maladie de Crohn ?

Il n’existe pas un examen unique permettant de confirmer la maladie. Le diagnostic repose sur un ensemble d’arguments cliniques, biologiques, endoscopiques et radiologiques.

1. Les analyses sanguines

Une prise de sang permet notamment de rechercher :

  • un syndrome inflammatoire (CRP, vitesse de sédimentation) ;
  • une anémie ;
  • des carences en fer, vitamine B12, acide folique ou vitamine D ;
  • des signes de dénutrition.

Ces examens orientent le diagnostic mais ne suffisent pas à eux seuls.

2. La calprotectine fécale

Il s’agit d’un examen réalisé sur un échantillon de selles. La calprotectine est une protéine libérée lors d’une inflammation de l’intestin.

Un taux élevé suggère une inflammation digestive et aide le médecin à distinguer une maladie inflammatoire d’un trouble fonctionnel comme le syndrome de l’intestin irritable.

Cet examen est également très utile pour suivre l’évolution de la maladie !

3. La coloscopie avec biopsies

La coloscopie est l’examen de référence. Elle consiste, grâce à un tube souple muni d’une caméra, à observer l’intérieur d’une partie des intestins. Elle permet :

  • d’observer directement la muqueuse intestinale ;
  • de repérer les zones inflammatoires ;
  • d’identifier des ulcérations ;
  • de réaliser plusieurs biopsies.

Les prélèvements sont ensuite analysés au microscope afin de confirmer le diagnostic et d’éliminer d’autres maladies.

4. L’IRM ou le scanner abdominal

Lorsque la maladie est suspectée ou lorsqu’une complication est recherchée, des examens d’imagerie peuvent être réalisés. Ils permettent notamment de détecter :

  • des abcès ;
  • des fistules ;
  • des sténoses (rétrécissement de l’intestin) ;
  • une inflammation profonde de la paroi intestinale.

L’IRM est souvent privilégiée chez les personnes nécessitant un suivi régulier, car elle n’utilise pas de rayons X.

5. L’entéro-IRM

Cet examen est particulièrement utile pour explorer l’intestin grêle, une zone difficilement accessible par la coloscopie. Il permet d’évaluer précisément :

  • l’étendue de la maladie ;
  • l’activité inflammatoire ;
  • les éventuelles complications.

Quels sont les traitements de la maladie de Crohn ?

Le traitement est adapté à chaque personne en fonction de :

  • la localisation de la maladie ;
  • sa sévérité ;
  • la fréquence des poussées ;
  • la présence de complications.

L’objectif est de diminuer l’inflammation, de soulager les symptômes et de maintenir une rémission durable.

  • Les corticoïdes

Ils sont utilisés principalement pendant les poussées. Ils agissent rapidement contre l’inflammation mais ne sont généralement pas prescrits sur le long terme en raison de leurs effets secondaires.

  • Les immunosuppresseurs

Ces médicaments diminuent l’activité excessive du système immunitaire. Ils permettent souvent de réduire le nombre de poussées et de limiter le recours aux corticoïdes.

  • Les biothérapies

Les biothérapies représentent une avancée majeure dans la prise en charge de la maladie de Crohn. Elles ciblent spécifiquement certaines molécules responsables de l’inflammation.

Parmi elles, on retrouve notamment :

  • les anti-TNF ;
  • les anti-intégrines ;
  • les inhibiteurs de certaines interleukines ;
  • d’autres traitements ciblés plus récents selon les situations.

Ces traitements sont proposés lorsque la maladie est modérée à sévère ou lorsque les traitements classiques sont insuffisants.

  • Les antibiotiques

Ils ne sont pas systématiques. Ils peuvent être prescrits en cas d’abcès, de fistule ou d’autres complications infectieuses.

  • La chirurgie

Malgré les traitements actuels, environ une partie des patients aura besoin d’une intervention chirurgicale au cours de sa vie.

La chirurgie peut être nécessaire pour traiter une sténose (un rétrécissement anormal d’une partie de l’intestin à cause de l’inflammation).


La stomie

Une stomie peut être proposée chez certaines personnes atteintes de la maladie de Crohn lorsque l’intestin est très inflammé, en cas de complications (fistules, abcès, occlusion) ou après une intervention chirurgicale.

Une stomie est une ouverture créée chirurgicalement sur l’abdomen pour permettre l’évacuation des selles dans une poche, lorsque l’intestin ne peut plus assurer son rôle normalement. 

Elle peut être temporaire, pour laisser l’intestin cicatriser, ou plus rarement définitive si la situation l’exige. L’objectif est de soulager les symptômes et d’améliorer la qualité de vie.


Quelques chiffres sur la maladie de Crohn

Dans le monde

On estime qu’environ 10 millions de personnes vivent avec une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI), c’est-à-dire une maladie de Crohn ou une rectocolite hémorragique.

La maladie est particulièrement fréquente en Europe, en Amérique du Nord et dans d’autres pays industrialisés, et son incidence continue d’augmenter dans de nombreuses régions du monde.

En France

La France fait partie des pays où les MICI sont les plus fréquentes.

Les données de l’Assurance Maladie montrent qu’en 2023, environ 315 500 personnes étaient prises en charge pour une MICI en France. Parmi elles, la maladie de Crohn représente environ 60 % des cas, soit près de 190 000 personnes.

Ce nombre augmente régulièrement d’année en année. La maladie est le plus souvent diagnostiquée entre 20 et 30 ans, mais elle peut apparaître à tout âge, y compris chez l’enfant. 

En France, les données récentes montrent une légère prédominance féminine, avec environ 56 % de femmes parmi les personnes atteintes de la maladie de Crohn. 


Quelques ressources