Quels sont les examens médicaux à faire pour diagnostiquer une maladie chronique ?

Lorsqu’une maladie chronique est suspectée, il n’existe pas un examen qui permet de tout diagnostiquer. Le diagnostic est souvent construit comme une enquête : les symptômes, l’histoire médicale, l’examen clinique et différents examens complémentaires permettent progressivement d’identifier la cause de tes troubles.

Voici les principaux examens que ton médecin peut être amené à prescrire.


Les prises de sang

C’est souvent la première étape. Une prise de sang peut permettre de rechercher :

  • une inflammation ;
  • une infection ;
  • une maladie auto-immune ;
  • un diabète ;
  • des troubles hormonaux ;
  • des carences (fer, vitamine B12, vitamine D, folates…) ;
  • des anomalies du foie, des reins ou de la thyroïde.

À elle seule, une prise de sang suffit rarement à poser un diagnostic, mais elle apporte de nombreuses informations.


Les analyses d’urine

Elles permettent notamment d’évaluer :

  • le fonctionnement des reins ;
  • la présence de protéines ou de sang ;
  • certaines infections ;
  • certaines maladies métaboliques.

Les analyses de selles

Selon les symptômes, les analyses de selles peuvent rechercher :

  • une infection digestive ;
  • du sang invisible à l’œil nu ;
  • une inflammation intestinale ;
  • des parasites.

Les examens d’imagerie
  • La radiographie

Elle visualise principalement les os et certaines structures du thorax.

La radiographie est utile pour rechercher des fractures, de l’arthrose ou certaines maladies pulmonaires.

  • L’échographie

Elle utilise des ultrasons et permet d’observer les organes, la thyroïde, le foie, les reins, la vésicule biliaire, les ovaires, l’utérus, les tendons ou encore les vaisseaux sanguins.

Une échographie est indolore et ne délivre pas de rayons X.

  • Le scanner (TDM)

Le scanner utilise les rayons X pour produire des images très détaillées du corps.

Il est souvent utilisé en urgence, mais aussi pour explorer de nombreux organes ou rechercher certaines anomalies.

  • L’IRM

L’IRM utilise un champ magnétique, sans rayons X.

Elle est particulièrement performante pour examiner :

  • le cerveau ;
  • la moelle épinière ;
  • les articulations ;
  • les muscles ;
  • certains organes.

C’est l’examen de référence pour diagnostiquer ou suivre plusieurs maladies, comme la sclérose en plaques ou l’endométriose.


Les endoscopies

Ces examens permettent de visualiser directement l’intérieur de certains organes grâce à une caméra.

  • La gastroscopie

La gastroscopie explore l’œsophage, l’estomac et le début de l’intestin grêle.

  • La coloscopie

Elle examine le côlon et le rectum et peut également permettre de réaliser des biopsies.

  • La bronchoscopie

La bronchoscopie explore les bronches.

  • La cystoscopie

Elle permet d’observer la vessie.


Les biopsies

Une biopsie consiste à prélever un petit fragment de tissu afin qu’il soit analysé au microscope.

Elle peut concerner la peau, le foie, les reins, un ganglion, l’intestin, un muscle ou de nombreux autres organes.

Dans certaines situations, c’est l’examen indispensable pour confirmer un diagnostic.


Les examens cardiaques

Selon les symptômes, différents examens peuvent être proposés :

  • électrocardiogramme (ECG) ;
  • échographie cardiaque ;
  • Holter ECG sur 24 à 48 heures ;
  • test d’effort.

Ils permettent d’évaluer le fonctionnement du cœur.


Les explorations respiratoires

Les épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR) mesurent la capacité pulmonaire.

Elles sont utilisées notamment dans l’asthme, la BPCO et d’autres maladies respiratoires.


Les examens neurologiques

En neurologie, plusieurs examens peuvent compléter l’IRM :

  • électromyogramme (EMG) ;
  • électroencéphalogramme (EEG) ;
  • potentiels évoqués.

Ils permettent d’étudier le fonctionnement des nerfs, des muscles ou du cerveau.


La ponction lombaire

Elle consiste à prélever un peu de liquide céphalo-rachidien.

La ponction lombaire est utilisée pour rechercher certaines infections, maladies inflammatoires ou neurologiques, notamment lorsqu’une sclérose en plaques est suspectée.


Les examens génétiques

Ils recherchent une anomalie de l’ADN responsable d’une maladie héréditaire.

Les examens génétiques ne sont indiqués que dans certaines situations précises.


Les examens fonctionnels spécialisés

Selon les symptômes, d’autres examens peuvent être proposés :

  • densitométrie osseuse (ostéodensitométrie) ;
  • polysomnographie pour diagnostiquer l’apnée du sommeil ;
  • manométrie œsophagienne ;
  • électroneuromyogramme ;
  • tests vestibulaires pour les troubles de l’équilibre ;
  • tests neuropsychologiques pour évaluer la mémoire, l’attention ou les fonctions cognitives.

Pourquoi faut-il parfois autant d’examens ?

Parce que de nombreuses maladies chroniques provoquent des symptômes similaires : fatigue, douleurs, troubles digestifs, essoufflement, vertiges ou troubles neurologiques.

Les examens permettent avant tout d’éliminer certaines hypothèses, de confirmer un diagnostic ou d’évaluer la sévérité d’une maladie.

Ils sont complémentaires : aucun examen ne répond à toutes les questions, et certains diagnostics se font par élimination (comme la fibromyalgie) !


Ce qu’il faut retenir
  • Le diagnostic d’une maladie chronique est rarement immédiat.
  • Il repose sur un ensemble d’indices recueillis au fil des consultations et des examens.
  • Même si cette période peut être longue et éprouvante, chaque examen apporte une pièce supplémentaire au puzzle et aide les professionnels de santé à mieux comprendre ce qui se passe dans votre organisme.